Ane

Faire la guerre sans armée

Les dirigeants de Daesh ont dû péter de trouille le 14 novembre à l’aube en entendant notre commandant en chef leur déclarer une guerre sans merci. Ils se sont vite rassurés en allant sur Wikipédia à la rubrique « Armée de l’Air Française » et en découvrant, ébahis, que nous sommes capables de mobiliser tout au plus une petite cinquantaine d’appareils de combat en état de voler, dont certains ont 30 ans d’âge, que nos avions ravitailleurs KC135 ont été achetés sous le deuxième septennat du Général de Gaulle et ne sont plus en état de ravitailler quoi que ce soit (mais chut, c’est un secret d’état), bref que nous avons les capacités militaires d’une république bananière moyenne. Ils se sont fait une nouvelle frayeur en entendant les annonces martiales de renforcement massif de nos moyens de défense par notre commandant en chef à nos parlementaires réunis en Congrès pour l’occasion, mais ont poussé un ouf de soulagement en découvrant quelques jours plus tard qu’il s’agissait d’une rallonge budgétaire de 600 millions d’euros, le prix de 5 Rafale…

Comment peut-on être assez con et arrogant pour déclarer une guerre alors qu’on a fait tout ce qu’il fallait depuis des années pour ne plus avoir d’armée ? Réduction drastique d’effectifs, absence de tout nouveau programme d’armement depuis les années 1980, rien n’aura été épargné à la Grande Muette. Nous n’avons aucun système d’armes de nouvelle génération, ni drones (les trois que nous avons sont américains et leurs GPS sont bloqués sur le Sahel) ni missiles de croisière, et nous parlons d’éradiquer l’état islamique ? Heureusement que grâce aux progrès de la médecine moderne, le ridicule ne tue plus…

Au sortir de la guerre d’Algérie, l’armée française était sans doute la troisième du monde, vingt ans après elle était encore parfaitement opérationnelle, aujourd’hui il n’en reste presque rien. Comment avons-nous pu tomber si bas ? En en faisant le choix, en transférant des dizaines de milliards d’euros de la défense vers la retraite des cheminots et autres dépenses essentielles. L’amateurisme qui est la marque de fabrique de notre commandant en chef n’est pas tant d’avoir fait ces choix, déjà largement initiés par ses deux prédécesseurs, mais de ne pas les assumer. La grandeur a un prix et quand on ne veut pas le payer, on s’en passe. Les allemands l’ont eux parfaitement compris, suivons leur exemple ou changeons de cap, et de commandant en chef.

Une réflexion au sujet de « Faire la guerre sans armée »

  1. Il faut rajouter le troisiéme pillier des cons : l’irréalisme puisque on a décidé de faire la guerre sans armée à un adversaire fantôme.

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