15312350812_b317c466fc_o

De la modération en terre d’Islam

Un pays musulman modéré, c’est-à-dire proche de l’Occident et qui lui achète beaucoup d’armes très sophistiquées et très chères, est un pays où il y a très peu de très riches, une classe moyenne plus ou moins nombreuse et beaucoup de très pauvres. Les très riches se sont enrichis en détournant des fonds publics, en prélevant des bakchichs sur les grands marchés d’infrastructures et d’armement, en faisant de l’import-export ou encore en se faisant octroyer par les pouvoirs en place des licences très juteuses dans des domaines tels que la téléphonie mobile. Ils ne développent généralement pas d’activités productives, qui pourraient sortir les pauvres de leur misère et les rendre ainsi plus exigeants.

La classe moyenne d’un pays musulman modéré a été attirée dans les années 1970 et 1980 par les idéologies socialistes en vogue à l’époque, jusqu’à ce qu’elle réalise que ce n’étaient que des habillages destinés à permettre à des oligarchies politico-militaires de les plumer sans vergogne. Les membres de cette classe moyenne sont ainsi passés sans transition de Marx à Allah et ont voté à une écrasante majorité pour les différentes factions de l’islam radical, frères musulmans et autres, partout et à chaque fois où il y a eu des élections à peu près libres ces dernières années.

Les pauvres quant à eux se contentent d’être pauvres et sont de toute façon confrontés à des problèmes existentiels tellement aigus qu’ils n’ont guère le temps de se laisser aller à des réflexions métaphysiques. Ils votent généralement docilement pour les pouvoirs en place, quelle que soit leur coloration politique. Ils sont profondément pieux comme les pauvres de tous les pays mais ne mettent pas dans cette piété de dimension idéologique particulière, contrairement aux classes moyennes.

Quel est le seul point commun entre ces différentes catégories d’habitants des pays musulmans modérés, celui qui leur permet de cohabiter tant bien que mal ? La haine viscérale et sans fard de l’ennemi étranger, c’est-à-dire des juifs en général et d’Israël en particulier. Partout, ils communient dans une fixation haineuse sur l’Etat hébreu, qui les a humiliés sur le plan militaire et qui est dans leur univers totalitaire et rétrograde une insupportable oasis de modernité, de réussite économique et de libertés individuelles.

Pour faire plaisir à leur protecteur américain, les riches de certains de ces pays ont certes normalisé leurs relations avec Israël, c’est le cas par exemple de l’Egypte et de la Jordanie. Mais leur discours vis-à-vis de leurs compatriotes n’a pas varié d’un iota : Israël n’existe toujours pas sur les cartes de géographie de leurs manuels scolaires (elle y est dénommée « Palestine Occupée ») et la haine à son égard continue à y être cultivée sans relâche, dans les écoles, les médias, sur les réseaux sociaux, en bref partout où c’est possible.

Cette épidémie de haine s’est propagée bien au-delà du monde arabe stricto sensu. Le Pakistan, l’Afghanistan et jusqu’au lointain Nigéria sont contaminés depuis longtemps. La Turquie, longtemps épargnée, l’est également depuis l’arrivée au pouvoir de la version turque des frères musulmans, l’AKP. Depuis 1991, elle s’est étendue progressivement aux « complices » de l’ennemi honni, les américains et les européens. Nous verrons pourquoi au prochain épisode.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *