Besoin de sécurité ou dérive sécuritaire ?

Sans surprise, les parlementaires ont prolongé, sans doute indéfiniment, l’état d’urgence en France. Le Premier Ministre n’a jamais caché qu’il souhaitait gouverner avec des pouvoirs d’exception tant qu’il y aurait une menace terroriste, c’est-à-dire pour toujours, les députés et sénateurs lui ont donné leur blanc-seing et le tour est joué. En donnant à cette dérive autoritaire un caractère constitutionnel, les parlementaires ont créé le cadre juridique de toutes les dérives futures, et ouvert une boîte de Pandore qui ne se refermera plus.

Car c’est bien à une dérive autoritaire et sécuritaire que l’on assiste depuis trois mois et pas à un rétablissement de l’autorité de l’Etat à même de répondre au besoin de sécurité d’une population traumatisée par l’impréparation de ses dirigeants devant une menace terroriste que personne ne pouvait plus ignorer depuis janvier 2015. Les préfets et les forces de police ont profité des pouvoirs qui leur étaient confiés non pour combattre Daesh et Al Qaïda mais pour régler des comptes anciens avec de petits malfrats sans envergure et des activistes de l’ultra gauche. Au passage, on a interné, souvent sans le moindre élément de preuve, des pauvres diables suspectés de djihadisme par des voisins bien intentionnés et amusé la galerie en annonçant avoir déjoué des attentats parfaitement imaginaires.

Parallèlement, on a créé cyniquement une sinistrose permanente en évoquant la gravité des menaces qui pesaient sur nous. Avec le sang-froid légendaire qu’on lui connaît, le Premier Ministre a même évoqué un risque d’attaque bactériologique ou chimique à Paris. Le résultat le plus immédiat de cette communication de haut vol a été l’annulation par les touristes américains et asiatiques, mais aussi par les hommes d’affaires européens, de leurs déplacements à Paris depuis la mi-novembre. Les hôteliers, restaurateurs, taxis et VTC, dont le chiffre d’affaires a baissé de 20 à 50 % depuis, en savent quelque chose et il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de la grande colère qui agite en ce moment les taxis et autres Uber.

Parallèlement, notre commandant en chef et son glorieux second nous ont engagé encore plus profondément dans la guerre civile syro-irakienne, qui ne nous concerne pas et qui a toutes les chances de durer encore très longtemps. Sous couvert de venger les morts du 13 novembre, on est en fait en train de créer sciemment et en toute connaissance de cause les justifications de l’état d’urgence en France. Pensez donc, braves gens, nous sommes en guerre et il faut bien qu’on vous protège…

Ce coup d’état qui ne dit pas son nom a d’autant plus de chance de nous faire basculer durablement dans une nouvelle ère politique qui n’aura plus de démocratie que le nom qu’il ne s’accompagne d’aucune mesure permettant de réellement renforcer la sécurité des français. Les budgets de la défense, de la justice et de la police, qui n’ont cessé de baisser depuis la fin du deuxième septennat de François Mitterrand, ont été augmentés à dose homéopathique, et restent dramatiquement insuffisants dans un contexte de guerre larvée. Suffisants pour accompagner une dérive autoritaire et anti démocratique, mais certainement pas pour rétablir l’autorité d’un Etat démocratique. A suivre…

Qu’est-ce qu’on est allés foutre là-bas ?

Nous voulons la chute d’El Assad et la destruction de Daesh, et nous sommes les alliés de l’état irakien et de l’opposition modérée syrienne. Problème, l’état irakien est l’allié objectif d’El Assad et l’ennemi juré de l’islamisme sunnite dont se revendique l’opposition syrienne. Pour résumer, l’ami de mon ami est mon ennemi et l’ennemi de mon ami est mon ami, le pauvre Machiavel doit se retourner dans sa tombe et se demander comment on peut être aussi con…

Dans ses dernières lueurs de lucidité, le grand Jacques doit aussi se faire des nœuds au cerveau. Il a conscience qu’il ne laissera comme trace dans l’histoire, après deux mandats de déclin et de médiocrité, que son sursaut de bon sens de 2003, quand il a refusé de se joindre à la croisade de l’administration Bush contre l’Irak. Il avait réussi à maintenir la France en dehors de ce merdier absolu, de ce carnage stupide qui a englouti les chrétiens d’orient, les Yézidis et autres minorités et qui est désormais en train de plonger la région entière dans le chaos. Las, ses successeurs ont dilapidé cet héritage, confondu jeux vidéo et vraie guerre et nous ont replongé dans le chaudron bouillant. Le petit Nicolas a joué au cowboy en Libye avec le succès que l’on sait, un un pays à feu et à sang, où s’entredéchirent 500 milices surarmées, et des voisins durablement déstabilisés, dont l’un au moins, la Tunisie, qui ne s’en remettra pas . Son successeur, désireux lui aussi d’imprimer sa marque  de commandant en chef dans l’histoire, a voulu faire encore mieux et, tel un Godefroy de Bouillon moderne, mener croisade en terre sainte, quelque part entre Antioche et Jérusalem. Avec le succès que l’on sait, c’est-à-dire une croisade qui se déroule désormais dans les quartiers centraux de Paris. Mon dieu, comment peut-on être aussi con ?

Mort aux cons

Le 14 novembre au matin, j’ai réalisé qu’il fallait que je rentre en résistance contre la connerie ambiante qui est en train de nous plonger dans un nouvel âge des ténèbres. J’ai deux enfants épatants, que j’adore et qui entament à peine leurs vies d’adultes, je leur dois bien ça. Cette résistance, je vais la mener avec les outils de notre temps, ce blog mais aussi Facebook, Twitter et autres. domain list Aidez-moi en venant nombreux, en vous exprimant, en me critiquant si nécessaire (personne n’est à l’abri d’une connerie…), j’ai besoin de vous.

La connerie ambiante repose, comme une religion paisible et pacifiste dont vous avez sûrement déjà entendu parler, sur cinq piliers, qui sont l’islamisme, l’amateurisme, l’angélisme, l’irréalisme et le voyeurisme. Ces piliers s’alimentent les uns les autres et il importe de les détruire avant qu’ils ne métastasent et ne nous contaminent irrémédiablement.

Définissons-les en quelques mots pour éclaircir le débat. Pour l’islamisme, c’est simple : Les islamistes sont des sales cons ; en dehors d’eux, personne n’en doute.

L’islamisme ne pourrait pas métastaser sans l’amateurisme de ses adversaires.  L’amateurisme, c’est par exemple de faire une guerre sans s’en donner les moyens, sans prendre la moindre mesure pour se protéger et protéger sa population au cas où l’ennemi aurait l’idée saugrenue de se défendre. C’est de croire qu’on peut upgrader massivement sa sécurité sans impact budgétaire et/ou sans augmenter les impôts.

L’amateurisme côtoie généralement le troisième pilier, l’angélisme.  L’angélisme, c’est de croire que l’islam est une religion de bonté et d’amour de son prochain, aucune religion ne répond malheureusement à ce cahier des charges idyllique, que l’on peut faire une guerre sans dommages collatéraux, qu’il y a une opposition modérée en Syrie, etc.

Les amateurs angélistes cultivent généralement un pilier supplémentaire, l’irréalisme. Vivre en dehors de la réalité, c’est entrer en guerre contre un adversaire fantôme sans aucune raison objective, sans les moyens de le faire, sans véritables alliés, etc.

Last but not least, le cinquième pilier, le  voyeurisme, c’est-à-dire cette débauche indécente d’images, ce Daesh superstar que nos journalistes, nos médias ont fabriqué de toute pièce, car ces gars n’existeraient pas s’ils ne passaient pas à la télé.

Voilà, c’est parti, vous pourrez me retrouver tous les jours sur ce blog, dimanche excepté, me suivre sur Facebook et Twitter, et j’attends avec impatience vos commentaires.